Accéder au contenu principal

La ville bleue







Marseille, pour la plupart des gens qui la voient de loin, c'est surtout le folklore ou bien, pour les médisants, la ville la plus sale du monde. Ou enfin, et de plus en plus souvent, la capitale des voyous. Pour moi, ma famille et mes amis, c'est le paradis. Certes, tous ces aspects négatifs on ne les ignore pas, on vit avec et surtout on fait en sorte de s’en protéger. 
Tous mes souvenirs d'enfance sont à Marseille. Tous les gens que j'aime y habitent.
Comment voulez-vous qu'il en soit autrement?




Les "ESTRANGERS" aperçoivent d'abord les couches extérieures
l'OM
l'accent,
la dégaine, 
les " Je crains dégun", 
la pétanque, 
le pastis
le port et les pointus

Mais sous ce vernis tape-à-l'oeil, il y a autre chose, de plus grave et de plus sérieux. Il y a la ville avec ses calanques et ses banlieues tristes, son Vieux Port, son Mucem et ses quartiers pauvres. Du très beau et du très moche. Des gens fortunés et des mendiants. Des villas magnifiques et des maisons qui s'effondrent. Le Roucas Blanc et Noailles. 
Il y a des "Je t'aime" "Moi non plus"...


Ici on manifeste quand on a "les boules" 



Tous ses quartiers sont chargés d'histoire et d'histoires. Certaines sont gaies avec ascenseur social et d'autres sont tristes et finissent mal. C'est ma ville, mon berceau et je l'aime avec ses qualités et ses défauts comme on aime une personne. Mais j'essaie d'être honnête, aimer ce n'est pas être aveuglé. 
Marseille 💙 



Au spectacle devant mes bateaux chéris



Marseille ce sont des quartiers qui ressemblent à des villages, des quartiers aux noms inédits: 
Le Merlan 
La Rose
La Pomme
Menpenti ( prononcer Minpinti 😉)
Noailles
Belsunce 
Vauban
Le Roucas Blanc
La pointe rouge
Saint André
Chave
La Plaine
Les Chartreux
L'Estaque
Les Cinq Avenues
Le Panier
La Valentine
Et les Goudes....
Il y en a cent onze!
Je sais, ici on exagère’!








Si tu veux comprendre Marseille, si tu veux commencer à l'aimer, il faut t'abandonner, te laisser porter, il faut flâner, regarder et humer. Il faut aussi écouter. Ici il y a des couleurs, des odeurs et des bruits. C'est le paradis des photographes. La mer est  tellement belle et tellement bleue. Il y a des plages, des criques, des rochers, des "minots" qui plongent, des bars, des ruelles et des marseillais. Mais pas que.. Maintenant il y a des touristes. Quand j'étais enfant ce n'était pas comme ça! Marseille ville bleue, je te chéris ♡




En juin 2025

Avec Eliane my Marseille-partner 

Le palais Lonchamp. Juste en haut de la rue Jeanne Jugan 

La Ravie de la crèche aux Terrasses du port 

C'est beau non?




Marseille a absorbé de nombreuses migrations et je trouve ça formidable. Marseille est une ville d'accueil, la plaque tournante de la Méditerranée et la porte ouverte vers le bonheur.  

En bnw et en hiver 


Comment parler de Marseille sans évoquer celui qui a redoré son image Jean-Claude Izzo. J'ai tellement aimé sa poésie, ses romans et ses textes sur la ville bleue. J'aimerais qu'il soit encore là. Quand il est décédé j'ai ressenti un véritable chagrin. Entre l'écrivain et le lecteur le lien est très fort. Il savait si bien parler et écrire et se révolter. Il est parti trop tôt. Le cancer l'a emporté. Lui aussi venait d'ailleurs. D'Italie. Journaliste à la Marseillaise, grand voyageur, il s'est lancé dans l'écriture sur le tard. Son succès l'a un peu dépassé. Détestant les lauriers et les paillettes, il a réussi, avec sa trilogie de polars, à montrer le vrai Marseille avec ses failles et ses trésors. C'était un auteur talentueux et un homme juste. 
J'ai toujours beaucoup d'admiration pour lui et ses romans.



Le pays du Grand Bleu.
Le bruit de la ville, son exubérance, prend fin ici. Dans ce paysage qui ressemble aux îles Eoliennes. Le silence qui tombe sur vous, à peine troublé par le teuf-teuf des pointus qui reviennent du large, est palpable. De sel et d’iode. Alors, comme on a bien évidemment oublié d’emporter des chaussures de marche, on s’assoit paisiblement sur un rocher, derrière un pêcheur à la ligne.
Le temps est aboli. C’est dire qu’on a vraiment tout le temps pour soi. Peut-être surprendrez-vous le pêcheur en train de parler aux poissons. Peut-être même vous surprendrez-vous à évoquer à haute voix vos rêves d’ailleurs. Ulysse deviendra une réalité. Et vous serez fier de l’avoir appris.
En revenant dans le centre-ville, après avoir mangé une pizza sur le port des Goudes, vous aurez percé la vérité de Marseille. Elle s’exprime en termes de soleil et de mer. Elle est sensible au cœur par un certain goût de chair qui fait son amertume et sa grandeur. D’Alger, vous entendrez alors la voix d’Albert Camus murmurer à votre oreille : « Ce sont souvent des amours secrètes, celles que l’on partage avec une ville ».
Extrait du texte
« Marseille »





Il y a aussi Robert Guédiguian qui parle du Marseille que j'aime. Le cinéaste, fils de docker. Le port, c'est chez lui. D'origine Arménienne, il a grandi à l'Estaque et a rendu ce quartier célèbre avec son film Marius et Jeannette. Mettant en scène sa bande de copains et sa femme. Il nous invite dans ses films comme à un repas de famille. Le dernier film que j'ai vu c'est La Villa. Bouleversant 🌟Je vous le recommande.
Voilà les facettes de ma ville d'enfance que je voulais vous livrer. Le côté obscur et le côté lumineux, une ville métissée où les enfants ont la peau mate. Là où les odeurs d'épices, de chichis, de sardines et de panisses côtoient celles des lavandes et du savon noir.



Christine Lubrano. Nos pères travaillaient ensemble 

Notre-Dame si chère à nos cœurs 

La ravie, deuxième acte 😊

Jeannette ma maman 

Les deux sœurs, les "gourmandasses"




Chez moi et Chez vous

Commentaires

  1. Anonyme29/9/20

    Une ville qu'on aime ou qu'on déteste Moi je l'aime vraiment Maintenant j'habite à Paris Et quand je reviens je me régale avec le marché de poissons sur le Vieux Port ��⚓��

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Si vous avez quelques minutes faites-vous connaître.
Un petit mot de vous me ferait grand plaisir!

Posts les plus consultés de ce blog

Maman, enlève-moi le coup d'œil stp... 🧿🙏

Maman adore les "pêches" un gâteau du Sud. Pour être honnête tout le monde appelle ça "un petit cul"... Depuis toujours ma mère enlève le "colpo d'occhio" à tous les gens de sa famille En français ça s'appelle "le coup d'œil". C'est un don et un savoir-faire que les femmes siciliennes se transmettent, la nuit de Noël, depuis des générations.  Quand maman s'est mariée, très jeune, elle habitait chez ses beaux-parents. Ce n'était pas facile de cohabiter mais leurs finances ne leur permettaient pas de faire autrement. Ma grand-mère Philippina lui a enseigné énormément de choses. C'était une femme taiseuse mais elle a partagé tout ce qu'elle savait faire. Ses recettes, les us et coutumes des siciliens de sa famille maternelle mais aussi les traditions maltaises parce que son mari Vincent était d'origine maltaise. J'ai appris, en feuilletant son passeport que mon jeune grand-père était sujet britannique. Nos ...

La pizza sicilienne

  La recette du jour me vient de ma grand-mère maternelle,  Pinotta. C’est une pizza coupée en morceaux qui se mange froide pour l’apéritif, notre fameuse pizza sicilienne.  Pizza de proximité ou pizza du pauvre, elle est faite essentiellement avec des produits locaux en Sicile: pâte à pain, tomates, anchois, ail, lamelles d’oignons, olives noires, câpres et huile d’olive. Chez nous tout le monde sait la faire, ou presque. Chacun a sa version et ses petits secrets. Cette version c'est celle de mon oncle Sauveur. Je lui fais confiance parce qu’il mesure et pèse tout, toujours très professionnel. Moi je la fais "au pif", du coup une fois c'est bon et une autre fois c'est mauvais!  Là je m’applique pour vous!  Sauveur, Dany, les trois sœurs, bref, la tribu sicilienne  Ingrédients: 600 grammes de farine T45 (il insiste)  1 cube de levure de boulanger ou deux sachets de levure sèche  1 verre d’eau tiède salée, plus si besoin Du sel, du poivre et de l’o...

Le couscous de La Goulette

Mon père, ma mère et moi à La Goulette  Continuons la série des recettes populaires de Jeannette. Aujourd'hui le plat dont personne ne se lasse et qui fait l’unanimité: Le Couscous! Depuis que je cuisine, c’est le plat que j’ai fait le plus souvent, probablement parce que c'est celui que je réussis le mieux. Je ne le fais que pour mes enfants ou mes amis. C'est un plat spécial pour les gens que j’aime. Ma mère m’a enseigné sa recette mais j’ai fait quelques ajustements personnels qui simplifient la tâche mais n’altèrent pas le goût. J’ai appris surtout en la regardant et en faisant office de "petites mains". Ingrédients  Les viandes: du collier et de la poitrine d’agneau, une épaule d’agneau coupée en morceaux, du steak haché et de la chair à saucisse pour les boulettes et 4 pilons de poulet Les légumes : 5 carottes, 5 navets, 3 courgettes, une branche de céleri, 3 oignons, 2 poivrons verts, de la coriandre et du persil, un demi chou vert ou blanc et des pois chic...