Hello mes amis lecteurs
Ce texte sur mon père je l’ai écrit, corrigé, ré-écrit et encore corrigé. A l’époque il l’avait lu et bien entendu il avait pleuré. Jeune il ne pleurait jamais. Je le remets en ligne aujourd'hui pour le "célébrer" lui qui a tout fait pour m’en empêcher. Le 12 octobre ça fera quatre ans qu’il est "parti". On ne se console jamais de la perte d’un père. Un père comme lui...
Depuis mon arrivée dans sa jeune vie, il est papa à 26 ans, je suis son héroïne. Désolée de manquer de modestie, ce n'est pas moi qui le pense, c'est lui! Dans la famille, je suis d’abord LA FILLE DE MON PÈRE. Mon métier m'a permis de comprendre que l'amour d’un père à ses enfants n'est pas offert en kit complet à la sortie de la maternité... ÊTRE PAPA ça se cultive c’est en quelque sorte une affaire de terrain. Il faut pratiquer! L'amour que l’on porte à ses enfants c'est de l'improvisation pure. Soit on est bon sans vraiment le faire exprès, soit on patauge, on cafouille, on tatonne et, de temps en temps, on a un éclair de génie. Bref on essaie de faire AU MIEUX!
Pour Félix, qu’on appelle Lice, prononcez Litché, le cas est particulier. Il a été aimé avec maladresse et peu de gestes tendres mais il avait un bon capital Amour pour devenir le père qu'il est devenu, juste parfait! Il me disait hier, que son père se levait plusieurs fois dans la nuit pour voir si ses trois garçons, Joseph, Alfred et lui ne s'étaient pas découverts. Mon grand-père était un père très attentif, il aimait ses enfants de tout son cœur. Un papa bienveillant, Vincent le maltais! Très pudique, peu démonstratif mais un sens aigu de la famille! Quant à ma grand-mère Philippina, très bonne cuisinière, elle glissait quotidiennement dans la sacoche d'écolier de mon père des petites douceurs. Des petits gâteaux fourrés aux figues ou des biscuits secs au citron. Elle les confectionnait avec tendresse pour lui et ses frères. Peu câline et très réservée, offrir ces cadeaux sucrés à ses fils c'était sa manière de leur dire "Je t'aime".
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| Félix, Joseph et Alfred |
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| A Notre-Dame avec Christiane et Simon |
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| Avec Elo et Damien aux Goudes |
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| Avec Eliane et Gaby à Narbonne |
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| Au Bain des Dames un jour de Mistral |
Mon père a quelques défauts mais tellement infimes que je les garde pour moi! Papa m'aime à la "sauce AGIUS"; je m'explique. Pour montrer son affection, il ne ne fait pas des gestes tendres, des câlins doux. Non, il s’approche de toi discrètement et bing! Il te fait un "hug" de bûcheron. Un contact si affectueux que tu auras immanquablement un léger bleu qui virera au jaune quelques jours après.
J'exagère à peine! Attentif bien que très peu présent dans mes jeunes années à cause de l'atelier, encourageant pour mes études sans me casser les pieds, admiratif de mes petites réussites scolaires et fier comme "D'Artagnan" quand j'ai eu mon bac. Soyons honnêtes la vie n'a pas été toujours rose chez nous. Les propriétaires des bateaux que mon père entretenait étaient très pressés de réparer leur barquette, mais le payaient au lance-pierres. Souvent nous nous retrouvions financièrement dans la mouise. Nous n’avons jamais manqué d'amour, c'est déjà énorme mais le porte-monnaie était souvent vide. Après tant d’enfants, de papas et de mamans cotoyés dans les écoles tu constates que dans les familles les plus haut perchées socialement s’il y a du fric et pas d’amour, les enfants souffrent. Chez nous on ne roulait pas sur l'or mais on était énormément aimés. Ça me rappelle une anecdote que mon père se plaît à répéter, en fait, il radote!
- N'oublie jamais, ma fille, que ton grand-père Vincent a porté sa première paire de vraies chaussures à douze ans, n'oublie pas... Et j’imagine mon pépé Vincent, sans chaussures à l'âge de la cinquième et je me dis qu'il serait fier de nous tous, ses petits-enfants, qui avons tous fait des études même toutes petites, alors que lui gardait des chèvres pieds nus en Tunisie. Et puis il y a eu MARSEILLE, le Vieux-Port, l'atelier familial, les treuils, la ferraille, les semaines de six jours sur sept, les clients, les bateaux du Château d'If... Bref, une vie de travail passionné mais pas très payant. Les ATELIERS AGIUS, 8 rue Fort-Notre-Dame.
C'était la vie de mon père! Sa mobylette, ses bleus de travail, ses clients, ses bateaux, sa femme, ses enfants et sa famille. La bonne cuisine et la sieste, son moment préféré!
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| Devant sa " boutique" |
Et maintenant il se la coule douce avec Jeanne, ma mère, aux Chartreux, à Marseille.
Love you Dad. J’écris en anglais, comme ça il ne me comprend pas! Il est très pudique.
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| A PEYRIAC un 14 juillet glacial |
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| A Rians chez Gilda |
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| Avec ses potes du Vieux Port |
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| Félix, Elodie, Nathalie, Jeannette et Damien au Vieux Port |
Avec les parents c’est difficile de faire une jolie photo. Ils ne sont jamais naturels. Ils sourient, disent "Cheese" et ils font les andouilles. Si vous les cherchez dans leur immeuble, vous les trouverez grâce au SON. Chez nous on parle fort, on s'engueule, et on se réconcilie.... En boucle! Ensemble depuis plus de 60 ans. Une si longue route à deux ça devient tellement rare! I love you so much ❤️ ❤️ Félix et Jeannette















Toujours émouvant de te lire merci ❤️
RépondreSupprimerMerci ❤️
SupprimerUn trés beau texte, émouvant et vivant. Merci!
SupprimerMerci Myriam 💌
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