On attendait cette date avec impatience et avec angoisse. Ce lundi 24 août, le jour où ma mère a quitté son appartement des Chartreux. Mon frère a tiré la porte, fermé les trois verrous et ils s'en sont allés. Pour un ailleurs encore imprécis.
On parle peu de la vieillesse et des désordres psychologiques qui l'accompagnent. C'est tellement dérangeant. Depuis la mort de mon père, après l'avoir accompagné, soigné et tant choyé, elle aurait pu recommencer à vivre un peu pour elle. Elle aurait dû s'accorder un peu de répit, sortir ou voyager. Et bien non, son décès l’a anéantie et elle a tout lâché.
La dégradation est invisible. Elle n’a jamais présenté aussi bien. Elle a minci, n’a plus mal aux genoux, son état de santé est très satisfaisant. Ce qui ne se voit pas c'est le chambardement dans sa tête. Elle a perdu la mémoire immédiate, elle est confuse. A Marseille on dirait "Elle ne sait plus où elle habite". Elle s'emmêle les pinceaux, oublie ce qu'elle a fait instantanément, range d’une manière obsessionnelle un câble de téléphone et n’arrive plus à le retrouver. Elle ne sait pas où appuyer sur une télécommande, va surveiller une dizaine de fois, derrière son œilleton, qui fait du bruit sur le palier. Un rien l'effraie et la tourmente. Le plus inquiétant pour nous c'est qu'elle oublie de boire et de manger.
Vous comprenez pourquoi, vivre seule dans cet appartement n'était plus possible.
Je vous ai déjà expliqué, avec humour, dans mes derniers textes, le désarroi que cette situation crée en nous, ses proches. Mais j’ai besoin, aujourd'hui en particulier, de vous dire combien je suis bouleversée. Ma tristesse est infinie. J’ai l'impression que la femme qui m’a mise au monde et qui m’a tant aimée n'est plus là. Sa tête est déjà dans les étoiles.
Je partage avec vous, mes chers amis lecteurs, mon chagrin et ma colère. J’écris des mots et des phrases pour vous parler d’elle, des choses tendres et jolies, pour la "célébrer". Jeannette, ma formidable maman.

Ne sois pas triste, vivre seule n’est plus possible pour ta maman , elle sera entourée par du personnel compétent et tu pourras la voir autant que tu pourras , arrive un moment les personnes que l’on aime le plus au monde se retrouvent elle même dans leur propre monde , je comprends ta douleur mais la vie est ainsi faite et il te faut être forte et la choyer autant qu’elle le mérite. Bisous
RépondreSupprimerMerci 🙏🏼
SupprimerTu as raison il ne faut plus avoir honte On se soigne et voilà ♡
RépondreSupprimerOh que cela me chagrine pour une fois de lire ta prose ma belle méditéranénne. Quel chagrin cela doit être. 😘
RépondreSupprimerLa petite Bretonne.
Merci Thérèse 💌
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